Vous êtes ici

CPESSEC: Coopération entre les SPE et les employeurs

05 février 2020

L’importance de la coopération entre les SPE et les employeurs pour améliorer les marchés du travail des pays membres du CPESSEC 

 

Le marché du travail est le lieu de rencontre de l’offre et de la demande de travail et les acteurs responsables de la mise en adéquation de ces deux notions sont les services publics d’emploi (SPE). Les acteurs du marché du travail souhaitent que la demande de travailleurs exerçant certaines professions soit satisfaite dans les plus brefs délais, mais cela exige que les besoins des employeurs soient clairement formulés ; ces besoins étant consolidés par les services publics de l’emploi et communiqués au système éducatif. Le taux de réussite de ce processus constitue le facteur principal permettant de façonner le marché du travail, la croissance économique, la productivité et la compétitivité et toute interruption de la communication entre les acteurs donne lieu à des déséquilibres sur le marché du travail.  Malheureusement, on constate que le marché du travail idéal n’existe pas et les causes sous-jacentes les plus fréquemment mentionnées sont les suivantes :  

 

  • les besoins des employeurs auxquels les SPE et le système éducatif doivent répondre ne sont pas exprimés de manière explicite ;  
  • le système éducatif ne répond pas aux besoins des employeurs, car il continue de produire une réserve de main d’œuvre dont les qualifications, les connaissances et les compétences ne sont plus à jour et ne sont pas nécessaires sur le marché du travail.  

 

Si ce déséquilibre persiste, le problème devient de plus en plus complexe : le chômage est en hausse, les coûts dans l’économie augmentent, le nombre de nouveaux postes vacants chute, les cotisations perçues par l’État diminuent, etc. Bien que les SPE ne soient pas directement responsables des problèmes du marché du travail, il leur incombe de trouver des solutions appropriées. 

 

La communication et la coopération avec les employeurs sont essentielles, car, de cette manière, les SPE obtiennent les renseignements nécessaires qui servent de base pour l’élaboration de politiques et de mesures relatives au marché du travail.  La communication se déroule de manière traditionnelle ; néanmoins, sa fréquence et la qualité de sa réalisation sont des aspects très importants.  Par l’intermédiaire de leurs contacts avec les employeurs, les représentants des SPE devraient établir une relation de partenariat comme base pour l’amélioration de la situation sur les marchés du travail locaux, régionaux et nationaux. 

 

Afin de répondre aux attentes des employeurs, les SPE doivent disposer d’employés « capables » de communiquer avec les employeurs de la nouvelle ère, de former les employeurs qui ne sont pas en mesure d’exprimer leurs besoins compte tenu du nombre et de la qualité des travailleurs dont ils ont besoin et de « rallier » les employeurs peu enclins à coopérer avec les SPE.  À cet égard, les employés des SPE ont besoin d’une formation continue afin d’être en mesure de relever les défis en matière de coopération avec les employeurs.

 

Lors de la conférence de gestion du Centre des services publics de l’emploi des pays de l’Europe du Sud-Est (CPESSEC), qui s’est tenue à Sarajevo, un représentant du CPESSEC a abordé les « Mesures positives et programmes ciblant les employeurs ».  La conclusion générale est que la situation sur les marchés du travail des pays membres du CPESSEC s’est améliorée par rapport à l’année précédente, ce qui se traduit principalement par une baisse du chômage.  Tous les SPE membres ont reconnu que cette amélioration était également due à une meilleure coopération avec les employeurs.  C’est pourquoi une importance particulière sera accordée à ces activités à l’avenir, à la fois d’un point de vue quantitatif et qualitatif. 

 

Outre les mesures financières, qui sont globalement semblables dans l’ensemble des pays membres du CPESSEC, les SPE membres mettent en œuvre diverses mesures et actions visant à établir une coopération avec les employeurs, en fonction de la situation du marché du travail et des conditions de travail au sein des SPE.   La Bosnie-Herzégovine prévoit d’élaborer une stratégie en matière de coopération avec les employeurs et d’établir une base de données relative aux employeurs.  La Bulgarie a mis en œuvre un projet pilote dans huit régions afin d’améliorer les services destinés aux employeurs (quatre nouvelles mesures, cinq services améliorés), ce qui a engendré une baisse du taux de chômage, une réduction du nombre de contrats de travail résiliés, une augmentation de l’embauche de personnes ayant reçu un enseignement primaire, une augmentation du nombre d’employeurs collaborant avec des SPE, une baisse du chômage de longue durée dans ces régions et une augmentation des investissements directs.  En Croatie, un nombre significatif de personnes issues de groupes vulnérables (jeunes, personnes âgées de plus de 50 ans, personnes rapatriées) ont intégré le marché du travail et ont été embauchées. La Hongrie met actuellement en œuvre un projet visant à intégrer les chômeurs au marché du travail qui a abouti, à ce jour, à l’intégration de 42 000 personnes (sur les 77 000 personnes prévues) qui n’étaient pas disposées ou aptes à travailler jusqu’à présent.

 

Le Monténégro a défini des objectifs stratégiques pour le travail des SPE avec les employeurs : augmenter le nombre de demandes de placement professionnel, fournir des effectifs adaptés, améliorer l’employabilité grâce aux mesures des politiques actives du marché du travail (PAMT) et renforcer les partenariats avec les employeurs. Dans certaines agences locales pour l’emploi, la Roumanie a constitué des équipes pour communiquer avec les employeurs ; elles ont joué un rôle déterminant pour accroître le succès du placement professionnel, augmenter le nombre d’employeurs collaborant avec les SPE, mieux contrôler les contrats de travail conclus, organiser la formation professionnelle dans les locaux des employeurs et fournir une assistance gratuite pour l’évaluation et la certification des compétences des travailleurs. La Serbie a amélioré la coopération avec les collectivités locales en organisant des salons de l’emploi visant à promouvoir la coopération avec les employeurs (près de 7 200 nouveaux employeurs, principalement des PME, qui collaboreront avec des SPE à l’avenir, ont été enregistrés à environ 155 salons). Le SPE slovène dispose de 12 bureaux où les employeurs peuvent obtenir toutes les informations nécessaires et bénéficier d’une prestation de services et le bureau central pour les employeurs est responsable de l’élaboration et de la normalisation des services. La segmentation des employeurs et les normes en matière de prestation de services aux employeurs ont été adoptées précédemment, suivies par la définition de la notification et l’avis de vacance de poste.  Le SPE turc continue de fournir un large éventail d’incitations financières aux employeurs, ce qui constitue la manière la plus efficace d’obtenir des effets positifs en matière d’emploi pour les différents groupes cibles sur le marché du travail.

 

Tous les SPE membres du CPESSEC reconnaissent qu’ils devraient améliorer davantage leur coopération avec les employeurs. Il est nécessaire d’adopter des stratégies et des plans d’action fondés sur des analyses réalisées sur la situation du marché du travail et les besoins y afférents. Il est impératif pour les employés des SPE de bénéficier d’une formation continue afin qu’ils soient capables de répondre avec succès aux exigences d’une bonne coopération avec les employeurs dans les différents segments et, par conséquent, d’établir de solides relations de partenariat avec eux. 

 

Sanela Zeljković/ Labor and Employment Agency, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine