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LA POLARISATION DES EMPLOIS

16 avril 2015

Le Marché du Travail a été modifié de manière structurelle depuis la révolution industrielle.

 

Progressivement, de nombreuses tâches routinières donc facilement automatisables ont été effectuées par des machines supprimant, de fait, des emplois tenus par des personnes à la qualification intermédiaire en capacité d’assurer une activité essentiellement focalisée sur le respect d’instructions et de procédures.

Par contre, les métiers peu qualifiés mais nécessitant une intervention sociale (services à la personne, etc…) restent complétement intégrés dans le paysage du marché du travail avec un nombre de créations d’emplois qui tend à se développer, la demande dans ce secteur ne cessant de croître.

A l’autre bout de la chaîne des qualifications, les métiers nécessitant des expertises, essentiellement dans le secteur des services aux entreprises (informatique, juridique, finance, etc…), voient leur nombre également augmenter.

De nombreuses études mettent en évidence que, plus que le volume global d’emplois créé, c’est donc  la distribution des qualifications qui a profondément été modifiée.

Les pays fortement industrialisés sont particulièrement touchés par ce mouvement et l’impact de l’importation de produits manufacturés dans ces économies ne vient que renforcer cette tendance.

D’importantes variations existent selon les régions et/ou les pays mais ce sont effectivement aujourd’hui les pays industrialisés qui ressentent en priorité les effets de ce phénomène.

Pour autant, cela ne veut pas dire que ces questions ne sont pas partagées par l’ensemble des pays.

Des nations jusqu’ici relativement épargnées,  car peu industrialisées, sont concernées par ces sujets. Leurs capitales ou villes importantes voient les écarts se creuser entre publics ayant eu un niveau de scolarisation leur permettant de prétendre aux emplois très qualifiés créés par le secteur tertiaire  et ceux, qui malheureusement éloignés du système éducatif, ne peuvent accéder qu’aux emplois ne nécessitant pas ou peu de qualifications.

Dans ces pays ce constat est souvent renforcé par la prégnance d’un secteur informel qui creuse encore l’écart avec un groupe qui connaît, en plus de se voir cantonner à des emplois peu qualifiés, les difficultés liées à son statut.

De manière générale, cette concentration d’emplois aux extrêmes de l’éventail des qualifications génère une polarisation des revenus, les emplois plus qualifiés étant généralement plus rémunérateurs que ceux requérant une qualification moins importante.

On peut assez facilement imaginer les impacts de cette tendance qui s’accentuera visiblement encore dans le futur. Ils sont multiples mais un des plus marquants reste sans aucun doute le développement des inégalités au sein de nos sociétés modernes.

Si cette tendance s’avère relativement inéluctable, il est toutefois vraisemblablement possible de mettre en place des stratégies afin d’en limiter les effets.

Le 10ème Congrès Mondial de l’AMSEP qui se déroulera à Istanbul du 6 au 8 mai 2015  sera un temps d’échanges sur ce sujet pour l’ensemble des participants afin de partager les visions mais également d’identifier les actions à mettre en œuvre.

 

Christine Malecka-Vlérick   -  WAPES 2015