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L’ANAPEC s’attaque à l’inadéquation formation-emploi

05 février 2020

L’ANAPEC s’attaque à l’inadéquation formation-emploi à plusieurs niveaux à travers une approche sectorielle innovante et concertée avec les professionnels

 

Etant l’une des problématiques majeures sur le marché de l’emploi au Maroc, l’inadéquation entre la formation et les besoins réels du marché du travail conditionne d’une manière considérable l’insertion des jeunes dans la vie active, notamment chez les personnes en situation de handicap et les jeunes en chômage de longue durée dont les difficultés sont doublement constatées. Ce constat est assez alarmant du fait qu’il existe encore des métiers pour lesquels les employeurs trouvent des difficultés à sourcer des candidats qui répondent aux qualifications exigées.

 

En réponse à cette aberration constatée, l’ANAPEC, le service public d’emploi marocain, a adopté une approche sectorielle qui a pour objectifs de consolider le positionnement de l’agence auprès de plusieurs secteurs, notamment l’éducation préscolaire, la lutte contre l’analphabétisme, le secteur des NTIC et de l’Offshoring, la sidérurgie, les métiers de bouche, etc. Le but ultime étant d’approcher tous les secteurs et de considérer toutes les potentialités de partenariat, tout en gardant une vraie synergie avec les professionnels du terrain. Cette approche s’articule autour des dispositifs de formation qualifiante ou de reconversion que le programme TAEHIL propose pour l’amélioration de l’employabilité des chercheurs d’emploi, tous niveaux et catégories confondues. 

 

D’un autre côté, cette approche nous oblige d’offrir un service universel, adapté et inclusif à tous les chercheurs d’emploi, quel que soient leur niveau et qualifications. Ainsi, l’ANAPEC s’est mobilisé pour apporter une réponse pragmatique et réaliste à l’inadéquation profil-métier présente chez un grand nombre de chercheurs d’emploi, et ce à travers une série d’opérations pilotes de reconversion professionnelles touchant plusieurs métiers comme les programmeurs, les métiers du Services à la personne, les métiers de Boucherie, etc.

 

 

Devenir programmeur, c’est possible !

 

L’ANAPEC et l’APEBI (Fédération Marocaine des Technologies de l'Information, des Télécommunication et de l'Offshoring) ont lancé conjointement un programme d’accompagnement du secteur IT, portant essentiellement sur la formation de développeurs en nouvelles technologies numériques. Ce programme, qui vient en réponse à une pénurie réelle en compétences IT sur le marché de travail marocain, a comme objectif la reconversion des profils Bac+3 scientifique à travers une formation de 960 heures (9 mois) en mode alternance (entreprise/formation présentielle et à distance), débouchant sur un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP).

 

Le cursus comporte 5 unités, flexibles et évolutives selon les besoins des professionnels : 1. Systèmes d’information et langages, 2. Méthodes, techniques et normes, 3. Développement spécifique et projets, 4. Services (assistance, sécurité des SI, maintenance applicative, …) et 5. Transverse (veille technologique, droit informatique, soft-skills, …).

 

La formation est complètement financée par l’ANAPEC dans le cadre du programme TAEHIL (Formation Contractualisée pour l’Emploi) et est conçue par des professionnels selon les normes internationales. Jusqu’à aujourd’hui, 175 candidats ont déjà commencé la formation qui se tient chez des opérateurs de formation privés scrupuleusement choisis par l’APEBI pour assurer une formation de qualité.

 

 

La boucherie moderne, une réelle niche d’emploi décent

 

Contrairement aux idées reçues sur le métier de bouchers, la boucherie moderne offre de réelles opportunités d’insertion dans la vie active pour les jeunes, femmes ou hommes, surtout si leurs qualifications (souvent générales) ne leur permettent pas de trouver une débouchée sur le marché de l’emploi.

 

C’est pourquoi l’ANAPEC s’est alliée à la Fédération Interprofessionnelle des Viandes Rouges (FIVAR) afin de former des Bouchers modernes dans une opération pilote, lancée dans la Région Casablanca-Settat, avec la perspective d’une généralisation progressive sur tout le territoire marocain. D’autres partenaires ont pris part à cette opération comme l’Association Nationale des Bouchers (ANB), l’ONSSA et le Département de la Formation Professionnelle.

 

L’objectif est de répondre à un réel besoin en compétences par rapport au métier du Boucher dans plusieurs secteurs comme l’agroalimentaire ou les grandes surfaces dans leurs rayons de boucherie moderne ou encore les nouvelles boutiques de boucherie modernes et sophistiquées, et aussi permettre aux jeunes bacheliers ou diplômés de la formation professionnelle de saisir les opportunités d’insertion dans ce domaine au niveau national ou international.

 

La formation, qui rentre dans le cadre du programme TAEHIL, plus précisément dans son volet de Formation Qualifiante ou de Reconversion (FQR), vise à doter les jeunes formés de plusieurs compétences clés :

•Organiser son poste de travail ;

•Réaliser les opérations d'abattage d’animaux et de découpe de viandes (ovins) ;

•Connaitre et appliquer la réglementation des Services Vétérinaires et les règles d'hygiène et de sécurité alimentaire ;

•Améliorer son niveau en langue (anglais/français) en relation avec le métier du boucher ;

•Se préparer à l’intégration dans le marché de l’emploi salarié ou auto-emploi.

 

 

Sur les 1633 inscrits à l’opération, 100 candidats ont démarré la formation. L’objectif est de former au total 350 Bouchers qualifiés sur la région Casablanca-Settat, avant de généraliser l’expérience dans les autres régions d’une manière progressive.

 

 

Les métiers d’aide à la personne : grande demande sur des profils bien formés

 

Aujourd’hui, les ménages au Maroc sont devenus employeurs par la force de la loi 19-12. Face à cette opportunité, l’ANAPEC a lancé plusieurs actions qui ciblent la reconversion, à travers la formation, des profils en chômage vers des métiers d’aide à la personne, principalement les Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS). Le besoin recensé auprès des écoles concerne 100 AVS.

 

La demande pour ce type de profil est conséquente, compte tenu du rôle important que jouent ces professionnels d’aide à la personne dans l’accompagnement de populations à besoins très spécifiques comme les enfants en situation de handicap par exemple.

 

Dans une opération pilote initiée par l’ANAPEC à Rabat, 6 actions de formation en alternance ont été lancées avec un taux d’insertion arrivant jusqu’à 95%.

 

 

D’autres projets dans le pipe

 

S’inscrivant dans cette même approche d’accompagner les secteurs productifs et assurer la reconversion des jeunes vers de nouveaux métiers, l’ANAPEC a signé des conventions de partenariats avec plusieurs partenaires, le dernier étant l’Association Nationale des Artisans en Bijouterie-joaillerie. L'objectif est d'accompagner les entreprises et les professionnels du secteur de la bijouterie-joaillerie dans la satisfaction de leurs besoins en ressources humaines et étudier les possibilités de monter des actions de formation-reconversion dans une famille de métiers ayant relation avec ce secteur.

 

De même, l’ANAPEC a signé une convention de partenariat avec la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (CSPM). A ce sujet, une action de formation est en train d’être lancée au profit de 100 aides-pharmaciens (25 candidats ont déjà été insérés), en plus de la préparation de deux autres opérations de formations avec la CSPM.

 

Le secteur des cafés et restaurants a aussi fait partie des secteurs ciblés par l’ANAPEC. Dans le cadre d’une convention de partenariat avec l’Association nationale des cafés et des restaurants au Maroc (ANCRM), une première action de formation a été lancée au profit de 175 jeunes pour leur permettre d’intégrer ce secteur en tant que serveurs.

 

 

Khalid EL MOULOUDI, ANAPEC